L’homme de Cro-Magnon et le haut-potentiel

Les récentes avancées en anthropologie sont fascinantes. J’ai grandi en entendant dire que Homo Neanderthalensis était une espèce humaine bourrue, poilue, vivant dans des cavernes et sexuellement incompatible avec Homo Sapiens. Personnellement je n’ai jamais cru c’était possible. Nous le voyons au quotidien dans la nature: des espèces proches sont capables de se reproduire et d’engendrer de nouvelles sous-espèces hybrides. Ainsi en va-t-il du ligre et du tigron, du mulet. La nature regorge de ce type d’exemple.

Grâce aux avancées de la génétique, on découvre aujourd’hui que tout n’est pas si simple. Et si la toute grande puissance de l’Homme moderne l’a convaincu il y a longtemps déjà, que Sapiens était unique et que sa suprématie ne pouvait avoir d’autre origine que la pureté de sa race, la communauté scientifique n’a d’autre choix aujourd’hui que d’admettre que nous, Homo sapiens, faisions fausse route. Il apparaît dans les études génétiques récentes que de nombreuses espèces Homo se sont croisées, se sont accouplées, et ont ainsi mélangées leurs gênes, à l’image de ce que font dans notre monde domestique les chiens, les chats… Alors que nous aimons nous flatter à essayer de créer des pures races (Hitler a bien essayé de le faire pour un Homo Sapiens pur selon lui), la nature nous enseigne depuis longtemps que la diversité est garante de durabilité. Pour preuve, il est admis qu’un chien ou un chat de « pure race » a souvent une santé bien plus fragile qu’un dit bâtard.

Alors que nous avons la certitude aujourd’hui que Homo Sapiens est arrivé d’Afrique, nous savons que Homo Neanderthalensis colonisait alors l’Europe. Nous savons également que depuis plus de 300’000 ans, une quantité d’espèces Homo ont peuplé différentes parties de la planète, et en ont croisé d’autres.

Arte couvre ce sujet dans une excellente série que vous pouvez trouver sur Youtube.

Voilà donc que le mythe de l’Homo Sapiens suprême dominateur pur et puissant s’effondre. Nous avons ainsi découvert qu’un groupe d’hommes noirs d’Afrique sont porteur d’un gêne provenant d’une « sous-espèce » humaine qui n’est ni sapiens, ni néandertalien. Des études génétiques à large échelle ont démontré que les populations d’Afrique sont très peu porteuses de gênes d’origines néandertaliennes, alors que les population d’Asie et d’Europe en présentent de manière quasi-systématique.

L’arbre généalogique ne se présenterait donc pas tel que nous l’avons connu jusqu’ici, avec des branches finies, mais plutôt comme les bras d’une rivières qui se séparent pour passer certains obstacles, puis se retrouvent plus tard, mélangeant les sédiments et nutriments récupérés à plusieurs endroits.

Ces résultats sont fascinants. Personnellement, j’avais déjà cette idée là estimant inconcevable que nous ayons à ce jour retrouvé au moins 16 espèces, et que celles-ci aient pu être totalement incompatibles, et ne pas survivre. Au final, homo sapiens pourrait être une espèce issues de nombreuses hybridations, profitants à chaque fois des gênes d’autres espèces. Ainsi, nous apprenons dans la série d’Arte que nous devons l’élasticité de notre peau à neanderthalensis. L’efficacité de notre système immunitaire nous viendrait d’une autre espèce. Et ainsi de suite. Bref: c’est l’histoire d’une continuité.

L’Homme est un animal comme les autres. Son évolution continue, même si notre société moderne y a mis un grand frein aux noms de principes moraux dont je ne débattrai pas ici, car il s’agit d’un sujet tabou et très glissant. Pourtant, nous voyons bien, avec la mondialisation (que nous n’avons pas inventé, elle est juste beaucoup plus rapide aujourd’hui), que les métissages continuent, même si de nombreux pouvoirs politiques et religieux font tout pour se convaincre et convaincre leur peuple qu’ils sont la race suprême et que se mélanger est disparaître.

Dans cette série documentaire, nous apprenons également que l’image d’un Homo neanderthalensis velu, sauvage, est totalement galvaudée. Des découvertes récentes démontrent qu’il s’agissait également d’une espèce grégaire intelligente, capable de fabriquer des outils, des abris, et avec une vie spirituelle et des rituels, ceci il y a déjà plus de 140’000 ans.

Au vu de ces découvertes, je serais curieux de voir une étude génétique sur le haut-potentiel, l’autisme et le syndrome d’Asperger. Je ne serais pas surpris d’y voir des gênes communs expliquant un « câblage du cerveau » différent. Je ne sais pas si ça a déjà été fait et n’ai pas fait de recherche sur le sujet. Si toi lecteur en a fait, ou souhaite le faire, n’hésite pas à partager en commentaire, ici ou sur la page Facebook.

Alors que nous sommes dans un monde ou nous cherchons à effacer toutes les différences, lisser l’espèce, que nous essayons de nous convaincre que nous sommes tous fait la même chose, il évident que nous sommes loin du compte. Seulement, ces découvertes et ces débats risquent de mettre à mal des populations aux croyances obsolètes et égocentrées.

Il y a encore beaucoup à découvrir. Et je m’en réjouis. Et toi ? Que penses-tu de tout ça ? Lâche un comm, partage ton avis.

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